Andrzej BEMOWSKI
Pourquoi donner un témoignage aujourd’hui ? Parce que
je n’osais pas, parce que je n’étais pas prêt, parce
que c’est difficile de parler de soi ou simplement
parce que le cancer fait peur.
Dans tous les cas, c’est le moment et je suis prêt
pour en parler maintenant au bout de bientôt 10 ans.
Prêt pour témoigner et vous dire aussi que Dieu est
patient mais quand il décide que c’est le moment, il
faut obéir.
C’était en mars 1998, ma femme fait remarquer à mon
dermatologue que j’ai un grain de beauté sur la
cuisse depuis 6 mois, 1 an peut-être…
Le docteur m’examine, c’était un mardi et il nous
dit : «nous ne pouvons laisser cela comme ça, il
faut l’enlever au plus tôt pour l’analyser». Donc
rendez-vous le jeudi pour une intervention au cabinet
puis analyse. Le résultat arrive à peu prés 4 jours
après, tumeur maligne (mélanome) :
CANCER DE LA PEAU.
Là, tout s’écroule autour de moi, panique, pleurs,
incompréhension, pourquoi moi ?
A l’époque, j’ai 35 ans et mes filles avaient 8 et 10
ans. Je ne peux pas mourir maintenant ! Elles
ont besoin de moi. Tout allait bien pourtant dans ma
vie, je ne faisais rien de mal.
Tout doucement, je me prépare à la deuxième
intervention prévue pour avril 1998.
Enlèvement du mélanome en clinique privée (exérèse
plus importante).
Puis tout ce qui suit : échographie du foie, abdomen,
radiographie du thorax pour vérifier qu’il n’y ait
pas de métastase ailleurs. J’étais prêt pour
l’amputation partielle, c’était mon côté radical.
Mais merci mon Dieu, il n’y avait rien...
A chaque fois, angoisses, peurs, mais le professeur
et le dermatologue me remonte le moral en
m’expliquant que c’est un cancer pris à temps, donc
pas de traitement juste un suivi.
L’avenir nous le dira. Un suivi tous les 3 mois, tous
les 6 mois, tous les ans… pendant lesquels j’avais
toujours peur de la récidive.
J’en viens maiintenant à la partie la plus importante
de mon témoignage. Pendant une nuit de pleurs, de
doutes, de panique, je sens une présence au bout de
mon lit. Clignement des yeux pour voir si je ne rêve
pas. Je toume la tête, mon épouse dort paisiblement.
Je regarde encore au bout du lit et cette présence
est toujours là, de blanc vêtue et une lumière
intense autour d’elle. Cela paraît invraisemblable
mais c’est Dieu qui est là dans ma chambre et il me
dit :
«
Ne crains pas, je suis ton Père, tu es mon enfant, je
ne t’abandonnerai jamais ».
Peut-être doutez-vous. Peut-être que c’est une des
raisons pour laquelle je ne voulais pas témoigner
mais par respect pour Dieu, pour ma guérison, pour sa
fidélité dans toutes les circonstances de la vie, je
devais un jour ou l’autre le dire. Il reste fidèle à
Sa parole et je tenais à le remercier. Dieu m’a
encouragé et rassuré.
Cela fait bientôt 10 ans. Tout va bien. Lorsque le
doute veut me regagner, je repense à cette
apparition, ses mots et cela me rend fort.
Bien sûr, devant la maladie, personne n’est semblable
mais sachez qu’en Dieu, nous avons le réconfort, la
compréhension, l’écoute et le meilleur des médecins.
Je ne rejette nullement la médecine, au contraire !
nous en avons besoin. Mais dans ces moments là,
l’écoute, les prières, la présence de l’église mais
surtout celle de Dieu se rend indispensable et
irremplaçable.
Dieu connaît toutes choses, il connaît nos attentes,
nos besoins.
Toute votre vie fait partie d’un plan, il suffit de
lui être fidèle pour votre bénédiction.
Dieu a été, est, et restera près de vous à jamais.
Andrzej BEMOWSKI



